La remontée de la vallée du Pô, la redescente sur Gènes puis l’autoroute littorale jusqu’à Nice est un vrai pensum. Je ne pense plus à rien, j’avance.
Les chaussées sont étroites, les aires de repos qui me semblaient gigantesques dans les années 60 sont étriquées et surpeuplées. Pour la première fois depuis que je suis parti, sauf peut être sur le parking de la gare de Kazan à Moscou, je n’ose pas laisser ma moto sans surveillance. 53 euros de péage et presque autant en essence, pour traverser l’Italie, c’est presque la moitié du budget carburant pour les 9000 kilomètres en Russie. Je suis bien de retour à l’Ouest !
Les motos sont de plus en plus nombreuses, rutilantes, chromées, suréquipées ; qu’importe je sais ce que j’ai fais. Le seul motard qui m’adresse la parole possède une vielle Guzzi; un jeune puriste qui voyage léger comme moi. « La grand-mère et la petite fille » me dit-il au sujet de nos motos.
A 21 heures je suis à Vintimille. A 23 heures, je coupe le contact de ma moto. Je suis à Aix, c’est fini.
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