PoutiVerne

...de Moscou à Irkoutsk

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Envoyer Imprimer
Dimanche, 24 Octobre 2010 12:17 Administrateur
Index de l'article
Irkoutsk
Page 2
Page 3
Page 4
Page 5

Je suis de plus en plus efficace dans l’exécution du rituel de mise en route du matin. Après le petit déjeuner, il faut aller chercher sa moto au parking gardé (aujourd’hui c’est simple), récupérer ses affaires dispersées un peu partout dans la chambre, passer un petit coup d’éponge sur la visière du casque, demander le document d’enregistrement à l’hôtel ou au minimum une facture avec le fameux « tampon rond », installer le sac à dos sur la selle et la sacoche sur le réservoir , démarrer la moto et finir par un dernier check-up : passeport - OK, carte d’émigration – OK, permis international - OK, carte de crédit - OK, portefeuille – OK, téléphone – OK, appareil photo – OK,  carte routière – OK. GO.

Ce matin, la température est de 11° et le temps est incertain : clair au nord, sombre et nuageux au sud… et je vais vers le sud.

Il pleut à verse lorsque je traverse Touloun (Тулун) une heure plus tard.  Arrêté à un feu, les pieds dans une flaque d’eau profonde de 15 cm, les encouragements de russes en voiture me réchauffent le cœur même si ils ont peu d’effets sur mes mains trempées dans mes gants d’été.

A part les avant-bras qui ne sont pas protégés par la bulle et l’extérieur des genoux qui dépassent du renflement du réservoir, je suis relativement au sec.

Derrière moi le ciel est toujours clair, devant moi toujours sombre. Je roule plus vite que ne progresse la haute pression. Je décide donc de faire de longues haltes dans les rares cafés du bord de la route pour lui laisser reprendre un peu d’avance. La progression est lente un peu comme celle de Michel et Nadia dans le roman. Le temps se dissout, les kilomètres s’alignent dans des paysages embrumés, J’ai l’impression que la Sibérie achève de me digérer lors de cette dernière étape.

Deux points positifs cependant : la route est en parfait état et je n’ai pas loupé les deux villages où est passé Michel : Kouitounskoe (Куйтун) mais surtout Kimilteiskoe (Кимильтей) qu’il aurait fallu visiter sous le soleil.

C’est sous une pluie battante que j’entre à Irkoutsk.

Trempé, boueux, je fais mon entrée dans le hall de l’hôtel situé sur la place principale.  La plus jeune des réceptionnistes, celle qui parle anglais, me propose une chambre à un prix très raisonnable avant d’être reprise par sa collègue qui me suggère une chambre au standard international et beaucoup plus chère.  Trop tard, j’ai déjà dit oui à la première; pour une fois je profiterai du tarif standard.