PoutiVerne

...de Moscou à Irkoutsk

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Dimanche, 17 Octobre 2010 18:40 Administrateur

Compteur à Krasnoïarsk Aujourd’hui c’est une grosse étape ; il ya 550 km pour aller à Krasnoïarsk et 5 lieux à visiter.

Le premier, Semilowskoë, n’est pas loin de Tomsk puisque Michel et Nadia y sont allés à pieds en une nuit. Et effectivement, je trouve le village assez facilement, un peu à l’écart et en contrebas de la route principale. Oui, vous avez bien lu « en contrebas », mais n’imaginez pas une pente abrupte, le village est seulement tapi sur les versants d’une petite vallée. Qu’importe, après 2000 Km de plaine j’entre dans les contreforts de l’Altaï.

Jadis, Ishim a du être une localité plus importante à en juger par son église en ruine. La route se dégrade sérieusement sur 50 km après Berikoule. C’est pire que la véritable piste, une succession de nids de poule plus ou moins gros. Les véhicules à 4 roues y roulent à 5 Km/h et moi à 10 Km/h.

J’oublie de faire une photo à Mariinsk où je m’arrête pour manger, je sors bien mon appareil à Bogotowlkoë qui est beaucoup plus petit.

Atchinsk s’annonce par un énorme combinat industriel très impressionnant mais la ville elle-même ne me semble pas très importante.

J’arrive enfin vers 9 heures du soir à Krasnoïarsk. De la place centrale, que j’atteints, comme d’habitude, après m’être égaré dans les faubourgs de la ville, je téléphone à Natacha – un contact du réseau culturel de Tanzilya à Kazan. Elle m’attend encore à cette heure tardive à l’entrée du musée où elle travaille. Le bâtiment avec ses colonnes égyptiennes est facile à repérer. Suivant la description de Mme de Bourboulon citée par Jules Verne, il aurait pu y avoir des colonnes Grecs dans « l’Athènes du nord ».  La tradition antique perdure donc à Krasnoïarsk.

Il fait frais ce soir et pour la première fois, j’ai froid en mangeant des « chachliki » (brochettes) dans l’un des nombreux restaurants d’été aménagés sur les quais de l’Ienisseï.  Natacha m’explique que comme l’année dernière, l’été n’a pas été chaud en Sibérie centrale. J’en déduis qu’ici, l’été se termine autour du 15 aout !

L’hôtel, situé à 200 mètres du musée, n’est pas cher (800 roubles) mais, pas de chance pour moi ce soir, il n’y a pas d’eau chaude. C’est souvent le cas en été  dans les villes russes; l’eau chaude fournie par de grosses centrales est distribuée par des conduites souvent apparentes qu’il faut entretenir en été. Quartier de maisons après quartier de maisons les habitants sont temporairement privés d’eau chaude.

Le lendemain Natacha a prévu une visite de son musée spécialement pour moi et deux autres personnes. Bien qu’elle ne soit jamais allée en France, elle parle français sans accent et dans certains domaines spécifiques elle a plus de vocabulaire que moi.  La partie ethnologique traitant des peuples sibériens est très intéressante.

Le voyant rouge de témoin d’huile s’allume quand je démarre ma moto. Rien de grave, trois semaines entre deux vidanges n’est pas un délai habituel et j’ai totalement oublié de vérifier les niveaux. Après 7000 Km, un bon demi-litre d’huile « emprunté » aux services techniques du musée noie ma jauge.

Je quitte Krasnoïarsk vers 14 heures sans l’avoir vraiment visité. Un pont enjambe  l’Ienisseï ; tant mieux, je me voyais mal traverser la rivière comme Michel : assis sur ma moto maintenue à flot par des bouées !