PoutiVerne

...de Moscou à Irkoutsk

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Dimanche, 10 Octobre 2010 20:38 Administrateur

Compteur à KoubitchefIl y a une route toute neuve et toute droite sur les 650 Km qui séparent  Omsk de Novossibirsk. Mais Michel a suivi l’ancienne. D’après la carte, elle doit être goudronnée sur ses 150 premiers kilomètres, après je ne sais pas trop mais j’ai des doutes. Je me fixe Koubitchef comme objectif intermédiaire ; 400 km de petites routes et quatre villages à visiter, ca devrait suffire pour la journée.

Contrairement à ce que je redoutais, je n’ai pas de peine à sortir de Omsk et à trouver les deux premiers villages : Koulikovo et Keberspackoe. Ils annoncent tous les deux fièrement leur date de création ; plus précisément la date de leur reconnaissance officielle par l’administration.

Les villages russes et en particulier les villages sibériens ont tous la même structure. Une large rue bien droite généralement en terre battue et de chaque coté des isbas en bois d’un étage entourée d’une petite palissade d’un mètre de haut pas plus. Ce n’est pas une clôture mais plutôt une limite entre l’espace public (na oulitsa) et l’espace privé (doma). Devant, un espace libre intermédiaire d’une dizaine de mètres où l’on peut trouver suivant les cas et les saisons, un tas de bois, des animaux domestiques ou  une petite mare et ses canards. C’est là aussi que passent les lignes électriques et je pense les ruisseaux d’évacuation des eaux. Derrière, le potager qui dans le meilleur des cas donne sur une rivière.  Entre les villages, distants d’une bonne dizaine de Km, il n’y a pas d’habitation. La campagne parait vide, pourtant elle est cultivée.

Comme prévu, un peu avant Elenka, la route devient une piste.  Ce sera le cas jusqu’à Koubitchef. Je fais le plein d’essence 20 km plus loin. Il n’y a que du 92, mais je n’ai pas le choix. D’après ma carte, et dieu sait si j’ai confiance dans ma carte, la prochaine station est à 70 kilomètres et la suivante à 200 ! Avec mon réservoir de 18 litres je peux faire facilement 350 Km. Quand le témoin de réserve s’allume après 280 km, je cherche une station et j’en ai toujours trouvée une rapidement.

C’est encore la plaine sibérienne où alternent les champs de céréales, les bosquets d’arbres et les lacs que l’on devine plus que l’on ne les voit. Les blés sont encore verts, je m’imagine circuler au milieu d’un énorme golf. Départ du 4, par 32, bosquet à prendre par la droite dans 2km et obstacle d’eau avant l’arrivée au mât du relais téléphonique là bas au loin.

La plaine Russe

Tourounovka n’affiche pas sa date de création et pourtant elle existe depuis plus d’un siècle : Michel y est passé. Je suis un peu en retard et je ne m’arrête pas.

J’arrive à la nuit tombante à Koubitchef, je trouve l’hôtel facilement sur la place centrale. De retour de la « stayanka » (parking gardé) situé à 1 km, je m’arrête dans un café pour la soupe. Et bien oui, je suis devenu un adepte de la soupe midi et soir. Au début du voyage, quand il faisait très chaud, c’était ce que je commandais systématiquement dans les cafés de routiers pour m’hydrater, mais j’y ai pris gout. En gros il y a trois types de soupe : bortch, chi et la solyanka. Elles sont toujours « domachilles » et le goût n’est donc jamais vraiment le même.

Je dors la fenêtre ouverte protégée des rares moustiques par un fin grillage mais pas des éclats de voix de la jeunesse qui, bouteille en main, discute bruyamment  jusque tard dans la nuit.

Théoriquement, j’aurais du parler des moustiques bien avant mais la chaleur a du les tuer cet été car je n’en ai pas souffert comme Michel. « Le cheval et le cavalier ne purent échapper aux piqûres de ces insectes diptères qui infestent ce pays marécageux…. ».