550 km au programme d’aujourd’hui et deux villes importantes dans le roman : Ishim où Michel rencontre le traite « Ivan Ogareff » pour la première fois et Omsk où il renie sa mère pour rester incognito.
Bien que la température ait un peu baissé, elle est tout de même encore de 33° quand je m’arrête à midi à Ishim pour manger dans une cafétéria climatisée et sonorisée. C'est-à-dire, que si il y fait frais, la télévision diffuse à tue tête des clips vidéo comme trop souvent en Russie. Je déjeune donc dehors dans la rue principale en pleine rénovation ; la face « glamour » d’Ishim. L’autre face, je l’avais aperçue de loin, dressé au milieu de la plaine comme un château fort : un énorme combinat agricole.
Je réalise alors à Ishim que j’ai roulé plus de 1000 km à travers de gigantesques champs de céréales et je prends conscience de l’importance de la faucille à coté du marteau. Le mouvement communisme en France n’ayant été qu’ouvrier, l’image sociale et économique de l’URSS de l’époque n’était qu’industrielle.
Comme mentionné dans le roman, je trouve le bourg de Tiokalinsk à 120 km d’Ishim. Il n’a pas du beaucoup changer en un siècle. Deux rues parallèles en terre battue le long des quelles s’aligne une centaine d’isbas.
Je n’ai pas trouvé Koulatinskoé, un lieu situé par Jules Verne à 20 kilomètre de Omsk et qui doit maintenant en faire partie. « Omsk compte environ douze à treize mille habitants » nous dit Jules Verne ; c’est plus d’un million maintenant.
Se diriger dans les faubourgs des grandes villes russes comme Omsk est un vrai problème d’autant plus que mon GPS n’a plus de carte depuis Perm. J’ai recours à la meilleure méthode que je connais : demander mon chemin et aujourd’hui, j’ai de la chance, une automobiliste va justement au centre ville.
L’hôtel IBIS n’est pas le meilleur marché de la place, mais il accepte les cartes de paiement ! Par contre il n’a pas de parking privé. Le personnel m’explique comment aller à la « stayanka » la plus proche. Dans la rue indiquée, je trouve un parking avec une barrière. Le gardien m’ouvre mais semble être un peu embarrassé par mes explications. Venant d’un gros 4x4 noir aux vitres teintées je reconnais la question classique : « Ot touda ? Do kouda ?». J’explique que je viens de France et que je vais à Irkoutsk. Le propriétaire de l’auto me fait cadeau d’un drapeau russe, me tape sur l’épaule et me propose de me raccompagner à l’hôtel. Il monte à l’arrière et moi à l’avant à coté d’une jolie blonde. Mais pour une fois ce n’est pas elle qui attire mon attention mais un gros pistolet brillant posé à même le sol. « Chto eto ?» « Rien, rien, t’occupe pas ! ». Un peu plus loin dans la même rue j’aperçois l’entrée de la vraie « Stayanka ». Bon ! Ma moto ne risque rien cette nuit, elle est dans de bonnes mains.
Le centre « historique » de Omsk est assez petit mais agréable et conforme à l’idée que je me faisais des villes russes au siècle dernier. Je me serais bien contenté d’une bonne bière – brochettes sur la petite place en face de l’hôtel, mais la musique y est trop forte.
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