J’avais prévu de passer à Elabouga voir Gouzel, une de mes profs de Russe et j’étais sûr que ce serait une étape agréable mais je ne pouvais pas m’attendre à une telle réception dans une si jolie ville.
Je suis arrivé le 29 aout en milieu d’après midi et à peine le temps de poser mes affaires chez Tanzilya ; la belle sœur de Gouzel, j’étais embarqué pour une première visite de la ville. Il faut dire que Tanzilya, est l’adjointe de la responsable du musée-réserve d’art et d’architecture de la ville d’Elabouga. J’étais dans de bonnes mains.
Elabouga est une petite ville (70 000 ha) de la république du Tatarstan située à 215 km à l’est Kazan sur le bord de la rivière Kama. Si les environs de la ville sont semblables à ceux d’autres villes Russes, son centre est conservé dans l’état exact qui était le sien à la fin du 19ieme siècle. Et ce soir là, dans la lumière et la tiédeur du début de soirée on pouvait s’attendre à croiser à tout moment des personnages de romans russes. Un riche marchand en redingote, une mère de famille en robe de broderie blanche sous une ombrelle, des enfants poussant des cerceaux, un fonctionnaire taciturne ou des ouvriers bruyants rassemblés autour d’une bouteille!
Elabouga a fêté officiellement ses 1000 ans, mais les premières traces de civilisation sont bien antérieures. Après une visite du musée historique de la ville, nous sommes allés sur les hauteurs, là où s’établirent les premiers habitants et où subsiste la tour du Diable (Saytan qalisi). L’endroit est chargé d’histoires et de légendes … que je n’ai pas entièrement comprises malgré tous les efforts de traduction de Gouzel.
Je n’étais pas seulement dans de bonnes mains culturelles mais aussi dans de bonnes mains culinaires. Le repas du soir fut fort agréable et bien entendu, très arrosé comme de coutume. Pas assez arrosé cependant pour me faire oublier que le lendemain je devrais faire face à des journalistes.
10 heures, la tête à peine sortie des vapeurs d’alcool de la veille, il fallut bien faire face aux obligations. Rendez-vous avait été donné sur la place centrale où m’attendait la presse locale. Après la traversée de la ville en moto, filmée depuis une voiture qui me précède, puis quelques photos en extérieur, me voilà obligé de parler en russe, dans les bureaux du département culturel d’Elabouga et devant 5 ou 6 jeunes journalistes. Pas facile! Je récite plus ou moins bien les brèves phrases préparées la veille et Gouzel prend le rôle d’interprète à ma grande satisfaction. Après les questions sur mes motivations, le déroulement pratique de mon voyage, l’état des routes russes et le comportement des conducteurs, le piège se referme. Exprimée moins directement, il faut répondre à « Que pensez-vous de la Russie ? ». Si j’avais deux ou trois certitudes avant de partir, à ce moment là je n’en ai plus qu’une : ENORME.
Mme Roudienko Goul’zada Pakipovna, la directrice générale de la culture, met fin à l’interview par une petite allocation de bienvenue avant de m’épingler le badge « I Love Elagouga ». Ce badge je le garderai bien en évidence sur mon blouson pendant tout le voyage.
La journée se continue par la visite de deux musées parmi les 209 sites culturels de la ville. La maison de la Jeanne d’Arc russe ; N.A.Durovoj et surtout la maison du peintre Ivan Shiskine. Cette dernière surplombe légèrement la plaine de la rivière Kama et depuis sa terrasse on comprend d’où vient la vocation du peintre et pourquoi il aimait y travailler.
Ouf, après-midi libre. Promenade en forêt et baignade dans la Kama avec Igor, le mari de Tanzilya.
Je quitte Elabouga le lendemain, la soirée s’est prolongée et il me faut faire plus de 500 Km pour rejoindre Perm où je dois rencontrer Alièna, un contact que m’a donné Tanzilya.
Si vous lisez le Russe :
L'article de Марина СЕЛЬСКОВА dans le journal "Le républicain Tatar".
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